| COMMUNIQUÉ DE PRESSE | |
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| A.S.F. (chapitre français de l'ACM SIGOPS) | |
| PRIX DE LA MEILLEURE THÈSE EN SYSTÈME D'EXPLOITATION |
L'ASF (Association ACM-SIGOPS de France) est heureuse d'annoncer la création du «Prix de la meilleure thèse» en Système d'exploitation, et de vous présenter son premier lauréat.
Un jury constitué de représentants de la recherche publique (Universités, Grandes Écoles, et INRIA) et d'industriels (provenant entre autres d'Alcatel, de Gemplus, de Microsoft, et de Silicomp) a choisi la meilleure thèse parmi les dossiers de candidatures reçus.
Ce prix a vu le jour grâce à de nombreux soutiens : des sociétés savantes internationales ACM (Association for Computing Machinery, dont l'ASF est le chapitre français pour la branche "système") et IEEE (The Institute of Electrical and Electronics Engineers), d'un Groupement de Recherche du CNRS, du LIP6 (Laboratoire d'informatique de l'Université Paris-6), et de sociétés comme France Telecom R&D, Gemplus et Silicomp qui ont dès le début cru à l'intérêt de ce prix et à la promotion de l'activité système. L'ASF souhaite que cette initiative s'amplifie.
C'est selon les critères de l'excellence scientifique, en l'occurrence pour ses qualités d'innovation, pour avoir résolu des problèmes concrets par une approche d'ensemble, pour avoir brisé des verrous technologiques, pour l'importance de la valorisation, pour les publications, et pour le potentiel de créativité, que le jury a désigné Gilles Grimaud.
La cérémonie de remise du prix (comportant un chèque de 20 000F), se déroulera le mardi 24 avril 2001 à 12h45, dans le cadre de la conférence CFSE/ASTI (Association Française des Sciences et Technologies de l'Information) à la Cité des Sciences (Porte de la Villette, Paris).
Gilles Grimaud, jeune docteur de l'Université des Sciences et Techniques de Lille (USTL) appartient au Laboratoire d'Informatique de Lille (LIFL) et a réalisé sa thèse dans l'équipe spécialisée dans les cartes à microprocesseur (RD2P). Sa contribution originale s'applique aux «cartes à puces ouvertes», et par extension à tout système ouvert contraint en taille et sécurité.
La technologie du lauréat propose un petit système d'exploitation pour la carte. Le système peut être étendu à la demande pour pouvoir recevoir de nouvelles fonctionnalités. Pour assurer qu'un programme téléchargé ne soit néfaste pour le système d'accueil, le lauréat a défini un langage intermédiaire (appelé Façade) qui permet à la carte elle-même de vérifier que le nouveau programme fait uniquement des manipulations correctes. Ainsi, le système accueille des programmes inconnus, mais est capable de vérifier lui-même que ces derniers sont corrects !
De plus, pour compenser la faible puissance du processeur de la carte, le nouveau programme est traduit à la volée en un langage directement exécutable par le processeur.
Les technologies existantes supposent, soit que le programme de la carte est immuable et non extensible, soit qu'un programme téléchargé s'exécute dans un environnement très restreint et à vitesse lente. Au contraire, grâce à la technologie de Gilles Grimaud, la carte est ouverte à des programmes nouveaux, l'innocuité de ces derniers est garantie, et ils s'exécutent sans frein par rapport au programme natif.
Le directeur des Gemplus Labs, Pierre Paradinas, nous déclare à ce propos : «Pendant sa thèse, nous avons coopéré avec Gilles et son laboratoire. La pertinence de ses travaux fut toujours étonnante. Nous comptons maintenant intégrer ses résultats dans nos produits, et nous souhaitons que sa créativité continue à s'exprimer dans ses travaux à l'intérieur des Gemplus Labs qu'il vient de rejoindre».
Appréciation de M. Shapiro, chercheur chez Microsoft Research : «C'est un ensemble harmonieux et équilibré de techniques nouvelles. Celles-ci n'ont que rarement encore été utilisées dans des systèmes complets. Le résultat est un système léger qui résout élégamment le problème de la cohabitation de logiciels. Ce résultat, qui est d'abord le fruit de l'ingéniosité de Gilles Grimaud, doit aussi beaucoup aux traditions de la recherche française. Cette collaboration exemplaire entre recherche publique et privée témoigne de la vitalité de la recherche en système en France, qui doit être encouragée.»
Pour Michel Ruffin coordinateur standardisation à Alcatel Research & Innovation, «Le travail de thèse de Gilles Grimaud est impressionnant. Il allie à la fois des aspects pratiques et théoriques et a résulté en un dépôt de brevets internationaux et un transfert dans l'industrie. Ce travail complet ouvre des perspectives dans le domaine des systèmes embarqués et renforce la recherche française dans ce domaine.»
L'originalité de cette recherche montre que l'activité du système peut et doit encore se développer en France et en Europe. En particulier, les domaines où nous bénéficions d?une place de leader, comme celui des systèmes enfouis, représentent un axe de développement favorable. L'ASF espère que son initiative favorisera l'arrivée de candidats brillants dans le domaine du système qui seront assurer de trouver des postes dans l'industrie.
